Recrutement militaire
Histoire du recrutement militaire
Sous l’Ancien Régime, le recrutement militaire reposait essentiellement sur le volontariat. Des soldats pouvaient néanmoins avoir été soumis au service militaire obligatoire au sein de la milice, créée par Louis XIV en 1688. On parlait alors de milice provinciale, milice royale ou troupes provinciales. Les levées (par tirage au sort) n’avaient pas néanmoins de caractère systématique ; les exemptions étaient nombreuses et les remplacements possibles.
Si l’Assemblée nationale abolit officiellement la milice en 1791, elle procéda en revanche à des levées en masse de volontaires. Parallèlement des gardes nationales apparurent spontanément à Paris en 1789 puis ailleurs en France. La loi du 15 juin 1791 instaura une garde nationale militarisée formée de volontaires, mais dès 1792 des hommes étaient réquisitionnés pour étoffer les bataillons.
La loi du 19 fructidor an VI (5 septembre 1798), voulue par le général Jourdan, instaura la conscription, qui touchait tous les Français âgé de 20 à 25 ans, et remplaçait la levée en masse.
A partir de 1803 (loi du 8 nivôse an XI), les futurs conscrits étaient tirés au sort. Aboli par la Charte de 1814, le principe de la conscription fut rétabli par la loi Gouvion-Saint-Cyr de 1818. La loi du 21 mars 1905, en supprimant le tirage au sort et les dispenses (sauf pour inaptitude physique) créa un véritable service militaire universel. La loi du 28 octobre 1997 a suspendu la conscription obligatoire, s’appliquant aux Français nés après le 31 décembre 1978.
De 1798 à 1998, tous les Français de sexe masculin ont ainsi été recensés et inscrits sur des tableaux, des listes ou des registres dans le cadre de la conscription militaire, le plus souvent l'année de leurs vingt ans.
Où chercher ?
Pour la période révolutionnaire, dans la série L, fonds du département, dont l'inventaire est consultable en ligne.
Pour la période 1800-1940, la recherche est à mener en série R qui contient notamment les documents suivants :
- Délibérations du conseil de révision (an IX-1940) : 1 R 265-390. Le conseil de révision a lieu annuellement au chef-lieu de canton. Un jury militaire examine les hommes en âge d'accomplir le service, les déclarant aptes ou non.
- Listes alphabétiques de conscription (an VIII-1810) : 1 R 25-71. Listes des conscrits, généralement organisées géographiquement (arrondissements, cantons)
- Listes de tirage au sort et de recrutement comunal (an XIV-1904) : 1 R 72-163. Les hommes qui se présentent pour le service militaire sont recensés par canton selon leur lieu de résidence à l’âge 20 ans. Les listes cantonales donnent pour chacun le numéro de tirage au sort, le motif d'exemption ou de dispense, la décision du conseil de révision. Elles indiquent également pour chacun la filiation, le domicile, la taille, la profession et le degré d’instruction. Avant 1869 ces listes sont très lacunaires.
- Tableau de recensement cantonal (1905-1940) : 1 R 164-199. Après la suppression du tirage au sort, les tableaux de recensement sont établis d’une manière sensiblement identique, sauf que le numéro de tirage au sort est remplacé par un numéro d’inscription.
- Registres matricules (1867-1940). Les documents précédents ne donnent aucune information sur le parcours militaire des jeunes gens. La tenue à compter de 1867 de registres matricules militaires, ouverts au moment du recensement des conscrits puis tenus à jour par l’administration militaire, permet en revanche de connaître le détail des services. Les registres numérisés sont consultables en ligne pour les classes 1867-1925. Les tables numérisées sont consultables en ligne de 1867 à 1940. Les registres en ligne ont par ailleurs été presque intégralement indexés. Une page dédiée est consacrée aux recherches dans les registes matricules.
Sources complémentaires
D'une manière générale les archives relatives aux affaires militaires sont conservées dans la série R des archives départementales, pour la période 1800-1940. À l'échelle des arrondissements, les dossiers relatifs aux affaires militaires sont à chercher en série Z. Dans les archives communales, déposées ou non aux archives départementales, les affaires militaires postérieures à 1790 sont en série H, la sous-série 1 H étant consacrée au recensement militaire.
L'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONaC-VG) de l'Yonne a versé plus de 5 000 fiches d'anciens combattants nés entre 1861 et 1920, qui ont été numérisées et indexées.
Les dossiers des officiers sont à consulter au Service historique de la défense, sites de Vincennes et de Pau.
Le site Mémoire des hommes donne accès à de nombreuses ressources numérisées (fiches de soldats morts pour la France durant la Première et la Seconde Guerre mondiale, dossiers individuels de Résistants, registres d’enrôlement et matricules).