La loi de séparation des Églises et de l'État s’invite dans les lieux de culte

La loi de séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905 met fin à l’alliance de la République et de la religion. Le texte précise les conditions de sa mise en oeuvre.

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Inventaire des biens de la fabrique de l’église d’Ancy-le-Franc, 9 février 1906, Arch.dép. Yonne, 2 Q 527

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Chichery, intérieur de l’église, [début du XXe siècle], Arch.dép. Yonne, 2 Fi 2240

L’article 3 de la loi prévoit ainsi la réalisation d’inventaires des biens mobiliers, immobiliers, titres et pensions qui sont la propriété des établissements cultuels. L’objectif de cette opération est double : d’une part, connaître le patrimoine des établissements publics du culte ; d’autre part, établir une liste des biens à leur redistribuer. En effet, la loi prévoit de supprimer ces établissements et leur donne un an pour se constituer en associations cultuelles de type loi 1901 ; cela permettrait de mieux les surveiller, mais aussi de leur rendre les biens inventoriés.

Des agents de l’administration de l’Enregistrement et des Domaines, répartis en bureaux cantonaux, sont envoyés dans chaque commune de leur ressort entre février et mars 1906. À l’heure dite et en présence de représentants du clergé, l’inspecteur de l’Enregistrement, « dûment commissionné et assermenté », déclare procéder à l’inventaire « descriptif et estimatif » des biens appartenant à la fabrique de l’église où il se trouve.

Chaque objet est listé et reçoit un numéro et une estimation financière. Certains inventaires sont très détaillés et précisent également si les objets ou le bâtiment sont classés au titre des monuments historiques, qui en a été le donateur, ou encore leur emplacement dans l’édifice.

Les objets mobiliers recensés sont de toutes natures : des œuvres d’art, comme des tableaux ou des statues, mais également les habits du célébrant, les livres de messe, le mobilier comme les bancs et les chaises, jusqu’à l’orgue et la cloche.

Ces opérations d’inventaires rencontreront une vive opposition de la part des fidèles catholiques, connue sous le nom de « querelle des inventaires ». Contrairement au clergé protestant et israélite, l’Église catholique refusera de se constituer en association cultuelle et assistera, à compter de 1907, au transfert de propriété de ses biens à l’État ou aux communes.

Consultez les inventaires des biens des églises de l’Yonne conservés aux archives départementales !