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Prieuré de VausseNombre de notices : 29

Présentation du fonds

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Répertoire méthodique détaillé
Céline Cros
Archives départementales de l'Yonne
Auxerre - 2023
Cet instrument de recherche a été généré avec la suite Ligeo Archives

Contexte

Nom du producteur

Prieuré Saint-Denis et Notre-Dame de Vausse (Châtel-Gérard, Yonne, France)

Présentation du producteur

Le prieuré de Vausse est l’un des premiers établissements ecclésiastiques fondés par des moines provenant du grand-prieuré du Val-des-Choux, établi sur le territoire de Villiers-le-Duc.

La date exacte de sa fondation est inconnue ; elle a sans doute lieu à l’extrême fin du XIIe s. ou au tout début du XIIIe s. et se fait à l’initiative d’Anséric V, seigneur de Montréal (vers 1170-avant 1223). Il concède alors aux moines un lieu isolé, solitaire et propice au travail et à la médiation, respectant ainsi les principes de l’ordre naissant pour y installer leur communauté. Ces terres ainsi données en pure aumône sont localisées au lieu-dit de Vaulces ou Le Vaux, sur le territoire de l’actuelle commune de Châtel-Gérard.

Dès sa fondation, le prieuré semble déjà porter le double vocable de Saint-Denis et Notre-Dame de Vausse.

Comme ceux du grand-prieuré, les religieux de Vausse sont soumis aux règles d’un nouvel ordre monastique, dont les principes de vie sont consacrés par la bulle pontificale du 11 février 1205, puis régulièrement aménagés par des décisions du chapitre général de l’ordre. De l’ordre cistercien, ils tirent l’organisation des offices quotidiens, des repas en commun, et du travail, bien qu’il soit précisé que les religieux vivront de leurs revenus et non de leur travail comme les moines de Cîteaux ; en revanche, le titre de prieur, porté par le supérieur de maisons qui ne seront jamais érigées en abbayes, ainsi que la présence au sein du prieuré de cellules, dans lesquels les moines se retirent pendant une partie de la journée, sont totalement empruntés à l’institution des chartreux.

La subsistance de la communauté étant assurée par les revenus annuels de ses propriétés et par l’exploitation directe de certaines terres suite au défrichage des sols forestiers, le nombre de religieux au sein de la communauté de Vausse a toujours été assez faible. Il est estimé à 21 lors de sa fondation tandis qu’il est réduit à cinq au XVIe s.

Peu de sources documentent l’histoire bâtimentaire du prieuré. Aucune information ne subsiste permettant de connaître la nature des bâtiments édifiés depuis l’installation de la communauté. La présence, dans l’église prieurale, des pierres tombales d’Anséric V, le fondateur, et de Nicole de Vergy son épouse, décédés tout deux autour de 1225, atteste de sa construction à cette époque.

La première documentation écrite apparaît à la fin du XVe s. à l’occasion d’une campagne de travaux qui voit la réparation de certains vitraux de l’église et l’édification d’un nouveau cloître, dont la construction s’étalera entre 1490 et 1550. Il est nécessaire d’attendre le milieu du XVIIIe s. et les conséquences d’un violent incendie, qui détruit l’aile orientale des bâtiments monastiques, pour disposer de procès-verbaux de visite réalisés par des ingénieurs et permettant de cerner les conditions de vie antérieures.

Outre les bâtiments monastiques, le prieuré dispose d’un ensemble important de propriétés issues des donations de son fondateur, mais également des ducs de Bourgogne et d’autres seigneurs locaux. Au XVIe s., ces possessions, telles qu’elles apparaissent dans les états annuels des revenus de la communauté, s’étendent sur plus de 40 localités situées dans les actuels départements de l’Yonne et de la Côte-d’Or, dont celles de Moulins-en-Tonnerrois, Fulvy, Nuits, Sarry, Soulangy, Pasilly, Châtel-Gérard, Étivey et Sanvigne, Anstrude et Chevigny, Vassy, Pisy, Marmeaux, Époisses, Torcy, Guillon, Civry, L’Isle-sous-Montréal, Saint-Andre-en-Terre-Plaine, Savigny-en-Terre-Plaine, Blacy, Vieux-Château, Trévilly, Cisery et Thizy. Dans certains cas, la propriété ne se compose que de quelques pièces de terre ou de droits seigneuriaux, mais le prieuré dispose également d’importants domaines agricoles nommés la métairie des Rameaux (ou grange des Rameaux), et la métairie de Vausse donnés par Anséric V et situés sur le territoire de Châtel-Gérard.

La prospérité économique du prieuré semble effective lors des premiers siècles de son existence. Cependant, tout comme pour le grand-prieuré, chef d’ordre, le XVIe s. bouleverse l’histoire du prieuré de Vausse. La crise des vocations religieuses qui se caractérise par une baisse considérable du nombre des religieux au sein des communautés, associée à l’arrivée de la commande dans les prieurés de l’ordre, entraînent son déclin progressif. Le dernier moine quitte le prieuré en 1763 laissant les bâtiments à l’abandon.

En application de la loi du 2 novembre 1789, l’ensemble des biens bâtis et non-bâtis du prieuré de Vausse est mis à disposition de la nation. Les bâtiments ecclésiastiques sont vendus entre le 14 mai et le 27 septembre 1791 ; la vente des autres biens se poursuit jusqu’en mai 1792. Les adjudications de 1791 marquent un tournant dans l’histoire de Vausse tout en permettant la conservation de son église prieurale et de son cloître : une page se tourne et le lieu devient alors faïencerie.

Historique de la conservation

Contrairement aux dispositions prévues lors du séquestre des biens ecclésiastiques au profit de la nation, les archives du prieuré de Vausse n’ont été que très partiellement transmises à l’administration départementale.

Seule une dizaine d’actes ont été transférés pour être conservés à Auxerre, le reste du fonds d’archives demeure à Vausse dans les bâtiments du prieuré.

La reconversion du lieu en faïencerie dès 1793 et surtout son acquisition par François Petit, en 1810, vont marquer considérablement le destin du fonds d’archives.

De l’union entre François Petit et Adèle Cadoux naît à Vausse, le 28 mars 1835, Ernest Petit. Destiné à une carrière d’ingénieur des Mines, il fait pourtant le choix de se tourner vers l’histoire en 1855. La légende rapporte que cette brusque conversion aurait été provoquée par le souvenir de sa gouvernante qui, l’été à Vausse, recouvrait des pots de confiture de feuilles de parchemin pour en assurer l’étanchéité, les parchemins en question provenant du fonds d’archives médiéval et moderne du prieuré de Vausse encore présent sur les lieux.
Dès la fermeture de la faïencerie, l’église, qui en était le principal lieu de production, est transformée en cabinet de travail par Ernest Petit. Il y consacre de longues heures à la consultation des archives, dont celles de Vausse, et à la rédaction de nombreuses notices puis ouvrages historiques sur l’histoire de l’Yonne et de la Bourgogne.

Au-delà de son appétence pour l’histoire, Ernest Petit devient également un grand collectionneur de documents originaux. Les archives de Vausse côtoient progressivement des chartes des ducs de Bourgogne et de très nombreux autres documents d’archives anciennes relatifs à l’Yonne et également plus largement à la Bourgogne qu’il accumule au cours de sa vie.
Il ordonne et décrit à plusieurs reprises sa collection de documents, dont les archives de Vausse, en publiant ses inventaires dans les Mémoires de la société bourguignonne de géographie et d’histoire entre 1886 et 1888. Cependant, à aucun moment sa démarche d’érudit ne le conduit à classer les archives du prieuré de Vausse, elles demeurent comme toutes les autres pièces de sa collection des documents isolés conservés en dehors de toute connaissance de leur contexte de production.

À son décès en 1920 et selon ses volontés, sa collection d’archives est initialement répartie entre les archives de l’Yonne, pour les documents concernant le département, et la bibliothèque municipale de Dijon pour les autres. D’autres pièces entrent, par la suite, aux archives de Côte-d’Or et à la Bibliothèque nationale de France, concernant principalement l’abbaye de Cluny dans ce dernier cas. Certains documents appartenant au fonds d’archives de Vausse sont ainsi donnés aux archives de l’Yonne (cf série F et rapport de 1922), mais le principal reste dans la bibliothèque d’Ernest Petit à Vausse.

Les propriétaires actuels du prieuré de Vausse, soucieux de la protection de ce patrimoine archivistique, ont souhaité transmettre ces documents aux archives départementales de l’Yonne. Leur collecte a été effectuée sur place le 12 octobre 2023.

Modalités d'entrée

H 2029 : dévolution révolutionnaire ; 

H 2819-2838 : réintégration de documents transmis par la famille Degouve, propriétaire des bâtiments de l'ancien prieuré, en 2023.

Contenu et structure

Présentation du contenu

Le fonds d'archives est fragmentaire. Il se compose essentiellement de documents relatifs à la gestion du temporel ecclésiastique et plus particulièrement à des contentieux autour de la perception des droits seigneuriaux et du paiement de taxes.

Mode de classement

Les archives du prieuré de Vausse, à la différence de nombreux autres fonds d’établissements ecclésiastiques, ne portent que très peu de mentions d’archivage contemporaines de leur production ou portées pendant l’existence du prieuré. Par ailleurs, aucune inventaire de titres n’a été réalisé pendant l’existence du prieuré.

Afin de permettre le traitement archivistique des documents, un plan de classement a donc été élaboré en prenant appui sur les pratiques de classement des établissements ecclésiastiques de l’époque médiévale et moderne. Les documents concernant le fonctionnement général du prieuré figurent en tête de l’instrument de recherche, tandis que la seconde partie est consacrée à la gestion de son temporel, en établissant des dossiers par localisation des biens.

Les quelques documents d’archives du prieuré séquestrés en 1790 et conservés aux archives de l’Yonne sous la cote H 2029 ont été réintégrés à ce fonds d’archives.

Conditions d'accès et d'utilisation

Statut juridique

Archives publiques

Modalités d'accès

Documents consultables selon les lois, règlements et/ou dispositions en vigueur

Sources complémentaires internes

F 163 : Imprimés, mémoires, pièces diverses concernant Noyers, Châtel-Gérard, le prieuré de Vausse, Villiers-les-Hauts, l'abbaye de Moutiers-Saint-Jean, provenant de la collection Ernest Petit (XVIIe-XVIIIe s.) ; 

1 J 664 : Prise à cens par Jacques du quart des dîmes de la cure de Montaulin appartenant au prieuré de Vausse (1302).

Documents séparés

Moulins, Archives départementales de l'Allier : H 215 à 291 archives du grand-prieuré du Val-des-Choux (1206-fin XVIIIe s.) et plus particulièrement H 222 : Bulles pontificales : privilèges (1206-1223) - Bulles d’innocent III et d’Honorius III - (bulle en plomb d’innocent) ; H 224 Divers mémoires sur l’ordre du Val des Choux ; énumération des prieurés de l’ordre (XVIIIe siècle) ; H 232 : Martyrologe - obituaire du Val des Choux (XlVe-XVIe s.) H 233 : chapitre général (1655).

Dijon, Archives départementales de Côte-d'Or : Cart. 235 ; 66 H 1001-1002 ; 66 H SUP 1 ; 66 H/R 1002-1773 ; INV. 40-218 et plus particulièrement Cart. 235 : cartulaire [1700-1750] ; B 983  : Don fait à Hugues, fils de feu Hugues IV, duc de Bourgogne (1288) scellé du sceau du prieuré (cf BO 1503).

Bibliographie

[Petit (Ernest),] Chartes, manuscrits, autographes, documents historiques sur la Bourgogne faisant partie d'une collection particulière, dans Mémoires de la société bourguignonne de géographie et d’histoire, Dijon, 1886.